Samedi 19 avril 2008
  Aucun des deux hommes n'osait attaquer le premier. Ils s'observaient, épiant le moindre geste de l'autre, tournant en rond, tels des loups affamés. Kélan lança enfin une première attaque, destinée surtout à juger de la rapidité de son adversaire. Et effectivement, ce dernier n'eut aucun mal à parer le coup, lançant immédiatement une contre offensive, plus ciblée mais qui n'eut pour seul résultat que d'entailler très légèrement la tunique de Kélan. Celui-ci poussa un juron et son sang ne fit qu'un tour. Il attaqua violemment et cette fois-ci sans aucune retenue. Le combat allait enfin commencer. Kélan,envahit par la rage, attaquait sauvagement. Il lança un premier assaut, paré par Ernak,  puis un deuxième et un troisième, plongeant sa lame toujours plus loin et se rapprochant dangereusement du capitaine. Mais il était désordonné, trop impulsif. Ernak, habitué à beaucoup plus de discipline, se fatiguait beaucoup moins vite que son adversaire. Chacun de ses coups était calculé et la majorité touchait leur cible. Kélan avait déjà plusieurs blessures, et sa respiration devenait bruyante. Il chargea néanmoins Ernak avec un cri de rage. Ce dernier esquiva sans problème l'attaque et avant même que son adversaire ne réagisse, il le transperça de part en part. Kélan resta ainsi suspendu sur la lame d'acier, les yeux écarquillés de stupeur, avant de s'étouffer avec son propre sang.
Ernak dégagea enfin sa lame et Kélan s'effondra à ses pieds.
  Il eut à peine le temps de réaliser son geste que la voix tonitruante d'Ivar se fit entendre. Le géant se retrouvait seul avec encore trois hommes face à lui. Erank courut aider son ami et à eux deux, dos à dos, ils vinrent à bout sans difficulté des hommes qui avaient juré leur perte.

   C'est un regard fatigué qu'Ernak posa autour de lui, tendit qu'Ivar essayait vainement de trouver des survivants.
Des six compagnons partis ce matin, il ne restait plus qu'eux...quel gâchis!
   -Ernak, viens voir! Le gosse! Il est vivant!
Ivar venait de soulever un corps pour découvrir en dessous le jeune Ban, toujours inconscient. Sans aucune difficulté, il porta le blessé à l'abri des arbres, là où ils avaient laissé leurs chevaux. Ernak le rejoignit et examina le jeune garçon.
   - Entrailles et catins! Ils l'ont pas loupé! cracha Ivar en apercevant la longue entaille d'au moins dix centimètres sur le flanc de Ban. Sacré gamin, il s'est bien défendu!
   Ernak était allé décrocher d'une des selles une gourde remplie d'eau et s'affairait à nettoyer la plaie qui n'était pas belle à voir. Se faisant, il s'étonnait qu'un gamin aussi frêle ait pu survivre à une telle blessure. Une fois la plaie propre, il y appliqua un onguent qui faciliterait la cicatrisation. Puis il pansa le jeune garçon du mieux qu'il put et vérifia sa respiration. Elle était à peine perceptible mais il respirait.
   -Je ne peux rien faire de plus. Maintenant tout dépendra de lui et de sa capacité à se battre.
   Ernak rassembla ses affaires. Il fallait maintenant décider de ce qu'ils allaient faire.
   Ivar, lui, avait l'air d'avoir déjà fait son choix.
   -Faut pas qu'on traîne par ici. On sait pas ce qui peut encore nous tomber dessus et j't'avoue que j'ai eu plus que ma part de combat pour aujourd'hui.
   Ernak laissa traîner son regard sur toutes ces vies inutilement gâchées.
   -Ils n'auraient pas dû s'en prendre à nous...les Vagabonds ne s'attaquent jamais à des soldats armés...et je sais de quoi je parle.
   Voyant l'air soucieux de son ami, Ivar s'approcha et lui tapota l'épaule pour le rassurer.
   -ça fait plus de dix ans que t'en fais plus partie! Ils ont peut-être changé leurs façons de procéder?
   -Non, répondit Ernak d'une voix où perçait la fatigue, il y a autre chose. Et je suis persuadé que ça a un rapport avec notre mission. Quelqu'un a dû nous les envoyer.
  Ivar, trouvant l'idée saugrenue, faillit en rire. Mais devant le sérieux affiché de son ami, il comprit qu'il disait peut-être vrai et il laissa échapper sa colère.
   -Tu veux dire que ces fils de chiens ont été payés pour nous tuer?! Mais par qui? et pour quoi?
   - Je n'en sais pas plus que toi mais ma décision est prise: je vais achever cette mission. Mes hommes ne seront pas morts pour rien. Nous trouverons bien qui est à l'origine de tout ça et je peux te jurer qu'il paiera très cher son erreur.
   Sur ces paroles, il se dirigea vers les chevaux et les détacha.
   -Tu es fou mon ami! Nous ne sommes plus que deux et avec en prime un gamin blessé! C'est de la folie de continuer!
   Ivar sourit alors de toutes ses dents:
   -Mais crois pas pouvoir t'attirer toute la gloire à toi tout seul! Bien sûr que je t'accompagne!
   Ernak se mit à sourire lui aussi. Il se demandait qui était le plus fou des deux! 
par sarah fegard publié dans : héroic fantasy communauté : Le Cercle des Passeurs de Rêve
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Jeudi 17 avril 2008

   Le fracas des armes était assourdissant. Les Vagabonds étaient des guerriers aguerris par des années de pillage et de tuerie. Ils n'auraient aucune pitié pour leurs victimes. Déjà, ils venaient de se débarrasser de deux des compagnons d'Ernak, qui gisaient dans leur sang. Mais c'était sans compter sur le courage et la force d'Ivar. Ce dernier faisait danser sa lame au dessus de lui, tranchant et poignardant avec une vélocité surprenante pour quelqu'un d'aussi imposant. Il semblait être partout et faisait en sorte de tenir éloigné le plus possible ses adversaires d'Ernak et du jeune Ban. Leur cercle s'était désespérément réduit, tandis que leurs ennemis ne semblaient pas perdre de leur vigueur.
   Ban avait oublié sa peur. Seul comptait désormais sa survie et celle de ses amis. Et il avait bien l'intention de vendre chèrement sa peau. Sa lame fendait l'air aussi naturellement que s'il avait combattu toute sa vie, s'enfonçant dans les chairs, blessant ou tuant. Sa main ne tremblait plus et elle s'abattait, sans pitié, sur ses ennemis. La sueur perlait sur son front, mais son souffle restait régulier. Il se félicita d'avoir suivi avec acharnement les entraînements d'Ernak. Aujourd'hui, ils portaient leurs fruits. Il jeta un rapide coup d'oeil vers son capitaine mais celui ci ne se tenait plus à ses côtés. Pris dans le combat, ce dernier se retrouvait isolé de ses amis, seul face à Kélan.
  Un Vagabond profita soudain de cet instant d'inattention pour porter un coup au jeune garçon. Coup qui aurait pu lui être fatal si le brave Ivar ne l'avait prévenu de sa voix puissante. Ban se jeta sur le côté mais malheureusement pas assez rapidement pour éviter la lame de son adversaire qui déchira sa tunique et entama son flanc gauche profondément. Il hurla de douleur tandis que le sang jaillissait de sa blessure et il s'écroula. Il vit sa dernière heure arriver quand son ennemi fondit sur lui afin de terminer ce qu'il avait commencé. Ban tenta de se relever mais la douleur était trop forte. Il vit, impuissant, l'homme avancer sur lui. Ce dernier arborait un sourire cruel, certain de remporter ce combat et se délectant à l'avance du mal qu'il allait infliger au jeune garçon. Quand l'homme leva sa lourde épée au dessus de lui, Ban rassembla ses dernières forces et, dans un geste désespéré, il roula sur lui-même, tout en tirant de sa botte un petit poignard. Emporté par son élan et son épée ne rencontrant que le vide, l'homme fut déséquilibré et s'empala sur la lame courte. Dans un cri d'agonie, il s'effondra sur Ban qui, à bout de force, perdit connaissance.
   Ernak avait assisté à la scène, impuissant. Face à lui, Kélan, son ennemi de toujours. Et dire qu'il avait cru s'en être débarrassé définitivement il y a dix ans! Sa haine pour lui était toujours aussi vive mais cette fois, il s'assurerait de laisser un cadavre derrière lui! 

par sarah fegard publié dans : héroic fantasy communauté : Le Cercle des Passeurs de Rêve
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Jeudi 17 avril 2008
toutes mes excuses pour ce retard dans mon récit...je me rattrape aujourd'hui...à bientôt!
par sarah fegard communauté : les auto-édités
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Samedi 29 mars 2008
  Il n'en dit pas plus et attendit de voir la réaction de son fils, qui ne se fit pas attendre.
-Ce Livre existe donc?
Maerc, dont les yeux s'étaient agrandis de surprise, n'en revenait pas.
-Oui, il existe et crois moi, ce qu'il contient dépasse de loin tout ce que j'ai pu imaginer! Et quand je pense qu'il était là, sous mes pieds, durant toutes ces années! Mais tout ce temps perdu ne l'a pas été en vain! J'ai fait d'innombrables recherches et acquis des connaissances inimaginables...pour enfin pouvoir percer tous Ses secrets. Et aujourd'hui, je touche au but!  Le monde tel que nous le connaissons n'existera bientôt plus! Il laissera sa place à ce qui aurait toujours dû être!
Emporté par son enthousiasme, Madréac s'était levé, le visage transfiguré.
-Je croyais que tout ceci n'était que légende...ce Livre, ses soit-disant secrets...
L'ampleur de la révélation laissait Maerc sans voix...
-Tout ce que tu as appris dans tes livres d'Histoire sur le Grand Eskâm est bel et bien réel, mon fils, et les légendes qui s'y attachent n'en sont pas. Imagines-tu seulement la puissance que sera la nôtre?!
-La "nôtre" ou la vôtre Madr...père?
Maerc connaissait son père, même s'il n'avait pas été très présent, et il le savait suffisamment imbu de sa personne pour ne pas avoir envie de partager un tel pouvoir.
Madréac haussa les sourcils, surpris:
-Comment cela? Tu es mon fils et il me paraît évident que ta présence à mes côtés est recquise. Ce que nous allons accomplir n'a jamais eu de précédent dans l'Histoire d'Astarya!
Le jeune homme dévisagea son père. Il devait bien admettre que cette fois-ci, il avait réussi à éveiller sa curiosité et l'avenir qu'il lui réservait lui paraissait tout à fait satisfaisant. Il décida donc de lui faire confiance, même s'il pressentait que son père ne lui avait pas tout révélé quant à ses projets.
-Très bien, je serais à vos côtés, père. Quelles sont vos instructions?
Le visage de Madréac se rembrunit et il regagna son siège.
-Il y a une chose qui me chagrine dans tout cela, je dois te l'avouer : une jeune fille du nom d'Elaïne. Cette petite sotte à réussi à échapper à mes hommes. On ne peut plus faire confiance à personne de nos jours. Elle est la seule dont les pouvoirs seraient suffisants pour contrecarrer mes plans, même si la pauvre fille n'est sûrement au courant de rien. Ils ont de ces traditions dans cette famille! Bref, c'est toi qui vas aller me la chercher, où plutôt, l'éliminer. Tu as carte blanche, débarrasse-toi d'elle. Emmène le nombre d'hommes dont tu as besoin, je te fais confiance. Au fait les Or'suls se sont mis à notre service. Utilise-les, si tu le juges nécessaire.
L'entretien était terminé. Madréac se leva une dernière fois et étreignit maladroitement son fils.
-Sois digne de notre famille, mon fils.
Il quitta la pièce et tira le rideau vert derrière lui.
Maerc, encore abasourdi par tant de révélations, quitta le bureau de son père la tête pleine de projets. Sa vie venait de basculer. Il allait être le maître absolu et cette idée, bien qu'un peu effrayante, lui plaisait bien. En retraversant la grande salle, il ne remarqua pas la petite forme grise recroquevillée près de l'âtre, ni la chaleur qui commençait à redonner vie à cette pièce d'habitude si froide. Il se dirigea d'un pas ferme vers les forges. Il devait rassembler ses meilleurs hommes et partir au plus vite.




                                                                                                      ***


par sarah fegard publié dans : héroic fantasy communauté : Le Cercle des Passeurs de Rêve
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Lundi 24 mars 2008

C'est alors que l'horrible craquement se produisit. Dans un bruit épouvantable, le plancher du premier étage céda, vaincu par les flammes. Seleth n'entendit pas les hurlements de sa soeur à l'extérieur.

                                                                                                 


                                                                                                       ***

Le jeune homme avançait d'un pas rapide et nerveux dans le long couloir gris et froid qui menait aux appartements de son père. Son épée, qu'il ne quittait jamais, claquait contre sa cuisse et les crissements de son habit de vieux cuir noir résonnnaient dans le silence du château.
Depuis son retour, son père était resté enfermé dans ses appartements et avait ordonné de n'être dérangé sous aucun prétexte. Le jeune homme, habitué aux extravagances de son père, n'avait pas cherché à le voir. Il s'était adonné à son activité favorite: s'entraîner encore et encore aux maniements des armes et aux combats au corps à corps.
Jusqu'à ce jour où son père l'avait fait demander pour une raison qu'il ignorait encore.
Il poussa la lourde porte de bois qui grinça et pénétra dans la grande salle à manger. Le froid qui y régnait était saisissant. Mal isolée, donnant plein nord, la pièce démesurée n'était équipée que d'une vaste cheminée dans laquelle des braises tentaient vainement de survivre. Agacé, le jeune homme tira sur la lourde corde située non loin de l'âtre et quelques secondes plus tard, une jeune fille apparue. Elle était maigre et portait une robe grise devenue trop petite pour elle. A la vue du jeune homme, elle baissa instinctivement la tête en signe de soumission.
   -Vous m'avez fait demander, maître? demanda-t-elle d'une voix tremblante.
Le jeune homme fixa sur elle ses yeux bleu nuit mais il semblait ne pas la voir.
   -Rallume ce feu, lâcha-t-il, en désignant d'un geste brusque la cheminée.
 Puis, il lui tourna le dos et traversa la salle en direction d'une porte plus petite menant au bureau de son père. Il contourna la grande table centrale de bois brut et jeta un coup d'oeil rapide aux vieilles tapisseries murales représentant des scènes de chasse. Elles étaient l'unique décoration de cette immense salle austère. 
En passant devant les hautes fenêtres, il ne put s'empêcher de contempler l'océan et ses vagues qui venaient inlassablement s'écraser sur les falaises quelques mètres plus bas. Il soupira d'aise. Ce spectacle ne le lasserait jamais. Le crépuscule tombait et parait le ciel d'or et de rouge. 
Il frappa deux coups secs et rapides à la porte et attendit. Derrière lui, la jeune servante soulevait avec peine une grosse bûche presque aussi lourde qu'elle.
La voix grave de son père se fit entendre de l'autre côté de la porte. Le jeune homme tourna la poignée de fer forgé et entra. Cette pièce n'avait rien à voir avec celle qu'il venait de quitter. Elle était beaucoup plus petite, très petite même. Les murs étaient entièrement recouverts de livres et de parchemins anciens et le sol de pierres avait été habillé de tapis épais. Près de la haute fenêtre, un petit bureau en bois sculpté était lui aussi recouvert de rouleaux de parchemins et de livres ouverts. Une unique lampe à huile posée sur le rebord de pierre de la fenêtre plongeait la pièce dans une pénombre douce et apaisante. Dans un renfoncement sur sa droite, un rideau de velours vert laissait entrevoir une autre salle. Le jeune homme n'y prêta pas attention. Cette pièce était celle où son père faisait ses recherches et mettait au point ses sorts.
   -Assieds toi, mon fils.
La voix de son père était autoritaire et ferme. Le jeune homme lui obéit et s'assit face à lui, de l'autre côté du bureau, sur la chaise qu'il lui désignait.
   -Vous m'avez fait demander, Madréac?
Le jeune homme se sentait mal à l'aise face à ce père qu'il n'avait pas souvent vu. Mais plutôt mourir que le lui laisser deviner.
   -Madréac! Madréac! Tu ne peux pas m'appeler père comme tout enfant digne de ce nom?! Suis-je donc devenu un étranger dans cette maison?!
Madréac se leva et fit quelques pas dans la pièce sans lâcher son fils des yeux. Il ne voulait pas le lui montrer, mais à cet instant, il était fier, très fier, du jeune homme qui se tenait devant à lui. Comme il avait changé depuis la dernière fois! Cela faisait combien de temps déjà? ah oui, deux ans...deux ans, déjà, q'il n'avait pas remis les pieds chez lui. Il est vrai que ses fonctions de Haut Théurgien lui prenait tout son temps. Il avait donc confié l'instruction de son seul fils à de vieux sages.
 Maintenant, c'était un jeune homme qu'il retrouvait et de ce qu'on lui en avait dit, il était très intelligent. 
Madréac admira le visage fin et hâlé de son fils. Ses lèvres fines, ses yeux bleu nuit. Il s'arrêta sur sa chevelure mi-longue d'un noir profond...comme il ressemble à sa mère...Il chassa ce souvenir susceptible de réveiller de trop vieilles blessures et retourna s'asseoir. 
   -Mon fils, j'ai une grande nouvelle à t'annoncer. Ensemble, nous allons faire de belles choses pour les Quatre Royaumes!
Les yeux noirs de Madréac brillaient à la lueur de la lampe et ses épais sourcils gris n'atténuaient en rien cette flamme dans son regard. La vision de l'avenir qu'il allait créer l'enivrait.
   -Oui, mon fils, continua-t-il, j'ai quitté définitivement mes fonctions de Haut Théurgien et désormais, c'est ensemble que nous allons travailler.
Maerc ne comprenait pas où son père voulait en venir.
   -Pourquoi avoir quitté votre poste? Il me semble que c'est justement là que vous pouviez agir et faire changer les chose, non? Les Hauts Théurgiens ont un pouvoir que même le roi Falmyr doit leur envier!
Madréac se mit à sourire. Les zones d'ombre, dont la pâle lumière ne pouvait venir à bout, creusaient davantage son visage déjà anguleux.
   -Laissons ces vieux grincheux discuter de ce que bon leur semble. J'ai d'autres projets pour nous: j'ai ramené avec moi le Livre du célèbre Eskam!

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Dimanche 16 mars 2008
Elle eut alors une intuition: quand ils étaient enfants, elle et son frère jouaient souvent dans l'auberge de leur ami. C'est comme ça qu'ils avaient découverts par hasard une trappe dans le cellier qui menait à des caves où l'aubergiste entreposait ses réserves de nourriture et de boissons. Mais ce qu'ils avaient découvert de plus surprenant, c'était une autre trappe, celle-ci habilement dissimulée, et menant à des souterrains encore plus profonds. Erc ne s'en servait pas, et quand les enfants l'avaient questionné sur leurs origines et l'endroit où ils menaient, il leur avait simplement répondu qu'il ne fallait pas qu'ils s'y aventurent au risque de se perdre et de ne plus jamais retrouver le chemin du village. Les enfants s'en étaient tenus pour dit même si l'envie d'explorer ces sombres tunnels ne s'était jamais vraiment endormie.
 Elle courut vers son frère pour lui faire part de son idée. Celui-ci était accroupi, les yeux rivés sur le sol à la recherche d'indices. Il se leva à l'approche de sa soeur.
  -Tu as trouvé quelque chose? lui demanda-t-il d'une voix fatiguée. 
Les yeux brillants de sa soeur lui redonnèrent courage.
  -Les souterrains...
Sans un mot de plus, ils se dirigérent d'un pas rapide vers l'auberge, le coeur battant et les mains tremblantes. Si Korphéa avait trouvé refuge dans les souterrains, il fallait faire vite car le bâtiment, rongé par les flammes, ne tiendrait plus longtemps. Et ils ne savaient pas du tout où débouchaient ces longs tunnels. Ils s'arrêtèrent devant la lourde bâtisse. Le feu léchait les épais pilliers de bois qui la maintenaient encore debout. Une partie du toit s'était déjà effondrée. Le premier étage tenait encore le choc, mais la fumée noire qui s'échappait des fenêtres béantes et les sinistres craquements n'annonçaient rien de bon.
  -Plus nous attendrons et moins de chance nous aurons de les sortir de là, s'ils y sont. J'y vais.
Anticipant la réaction de sa soeur, il se précipita à l'intérieur du bâtiment. La fumée l'enveloppa immédiatement. Elle s'infiltra sournoisement dans ses poumons, rendant chacune de ses inspirations douloureuses. La chaleur était infernale. Ses yeux commencèrent à lui piquer et sa visibilité  en fut réduite. Il arracha un morceau de sa chemise et se l'attacha autour du nez: geste dérisoire mais qui lui redonna un peu de courage. Puis il se mit à avancer tant bien que mal en direction des cuisines, faisant attention à où il posait ses pieds et surveillant le plafond qui menaçait à tout instant de s'effondrer. C'est alors que l'horrible craquement se produisit. 
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Dimanche 16 mars 2008
Voici la carte du monde que j'ai crée...elle n'est pas encore terminée mais donne un avant goût du monde dans lequel évolue mes personnages!undefined
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Dimanche 16 mars 2008
Voici deux dessins réalisés par mon meilleur ami et qui représentent l'univers que j'affectionne par dessus tout : héroines guerrières, preux chevaliers, tout un monde de médieval fantasy!!!undefinedundefined
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Mercredi 12 mars 2008
-Père nous a dit que Korphéa était toujours vivante. Peut-être qu'elle n'est pas la seule. Le mieux serait qu'on les retrouve...dans un premier temps...
-Et laisser s'échapper ces démons? s'emporta Elaïne. Leurs traces doivent être encore visibles. Nous pouvons les rattraper!
-Ne sois pas idiote! Les rattraper et après? On ne sait même pas combien ils sont et tu as entendu aussi bien que moi ce que père nous a dit: ils ont des Or'suls! 
Devant l'air dépité de sa soeur, il se calma.
 -Elaïne, j'ai autant envie que toi de venger notre père et de comprendre ce qui s'est passé. Mais on ne peut pas se jeter dans la gueule du loup inutilement. Ce n'est pas ce que père aurait voulu. On va retrouver les autres et ensuite, je te le promets, on fera ce qu'il faut.
-Très bien, tu as raison, capitula Elaïne.
 Elle tourna le dos à son frère et se dirigea vers la sortie du village, scrutant avec attention le sol afin d'y déceler des traces de pas...ou de chevaux. Seleth en fit de même de son côté. C'est elle qui fit une première découverte.
Des traces de sabots...ils devaient être une cinquantaine, au minimum. Elle s'accroupit afin d'examiner de plus près les nombreuses empreintes. Et ça? Elle venait d'apercevoir une empreinte différente, plus large, plus longue que des pas humains...les Or'suls. Elle frissonna de dégoût. Elle n'en avait jamais vu mais ils étaient présents dans toutes les histoires que l'on racontait aux enfants pour les effrayer. Et s'ils ressemblaient vraiment à l'image qu'elle s'en faisait, elle espérait ne jamais avoir à en rencontrer un...ce qui s'annonçait, hélas, inévitable. Elle observa un bon moment toutes ces traces de pas qui se dirigeaient vers l'ouest,, mais ne trouva nulle part ceux pouvant appartenir à Korphéa et aux autres. Ils se sont échappés, conclut-elle avec espoir. Aucun agresseur, à sa connaissance, ne fournirait de chevaux à ses prisonniers. Ils devaient donc concentrer leurs recherches autour du village. Si Korphéa avait pu s'enfuir avec les autres villageois, ils ne devaient pas s'être trop éloignés.
 Elle se mit à penser à l'événement qui l'avait averti du danger que couraient ses amis. Depuis ce matin, il s'était passé des choses bien étranges qu'elle était incapable d'expliquer. Elle avait l'impression que tout se liguait contre elle. Et elle se sentait terriblement lasse et dépassée par tout ça. Elle se força à ne plus y penser. Elle aurait bien le temps, plus tard, quand ils auraient retrouvé tout le monde, d'y réfléchir.
Elle chercha son frère du regard et tomba sur l'auberge d'Erc. Cette dernière tenait encore debout, mais plus pour très longtemps: le feu en viendrait bientôt à bout. Elle eut alors une intuition.

.. 
par sarah fegard publié dans : héroic fantasy communauté : Le Cercle des Passeurs de Rêve
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Lundi 10 mars 2008
-Père! père! 
Elaïne l'avait immédiatement reconnu. Brimir était adossé contre un arbre. Il souffrait de nombreuses blessures. Ses enfants se précipitèrent autour de lui, inquiets, mais heureux de le retrouver.
-Mes enfants...Brimir toussa et cracha du sang.
-Père, laisse moi voir tes blessures. 
Elaïne souleva la chemise à moitié déchirée de son père et porta immédiatement les mains devant sa bouche pour étouffer un cri. Brimir souleva péniblement son bras et caressa de sa main la joue de sa fille.
-Ne t'inquiétes pas, ma chérie. Tout ira bien. 
Il reprit difficilement sa respiration et s'adressa à son fils.
-Seleth, mon fils, prends soin de ta soeur...une nouvelle quinte de toux l'empêcha de terminer sa phrase. Seleth était partagé entre une immense rage contre ceux qui avaient détruit leur vie et un profond chagrin. Il se sentait impuissant face à tous ces événements. Il avait besoin de son père!
-Qui? Qui a fait ça? Père, que s'est-il passé?
Se préoccuper des agresseurs l'empêchait de penser à l'état de son père.
-Les guerriers d'Eskâm...des Or'suls...ils sont de retour...Korphéa est...vivante...
Sa main, qu'Elaïne tenait contre elle, devint alors très lourde et il ferma définitivement les yeux.
Abasourdis, ils se regardèrent. Seleth sentait les larmes monter, mais il devait être fort pour sa soeur. Il ravala son chagrin et se leva. A compter de ce jour, il se jura de tout faire pour venger son père et protéger sa soeur. L'urgence était pour l'instant de retrouver Korphéa.
Elaïne se leva à son tour. Ses yeux étaient secs, son visage, figé par la douleur. Seleth la regarda avec un insoutenable pincement au coeur. Il aurait presque préféré la voir s'effondrer en larmes. Tout plutôt que ce détachement froid qui n'augurait rien de bon. 
Quelques instants plus tard, ils élevèrent un cairn en mémoire de leur père et de leur ami Erc et prièrent les Esprits de prendre soin d'eux.
-Que fait-on, maintenant?
Elaïne avait posé la question sans vraiment en attendre de réponse. Elle savait, elle, ce qu'elle voulait faire: se mettre à la poursuite des assassins de son père, de ceux qui avaient détruits son village et lui avaient pris tout ce qui comptait pour elle. Les retrouver et leur faire payer, voilà ce qu'elle voulait faire.
Seleth observa sa soeur et vit dans son regard qu'elle avait retrouvé son instinct de chasseresse. Il ne la connaissait que trop bien et ne savait pas s'il devait se réjouir ou non de cette flamme sauvage et guerrière qu'il voyait briller dans les yeux de sa soeur.
par sarah fegard publié dans : héroic fantasy communauté : Le Cercle des Passeurs de Rêve
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